Les Espaces de la mort à l’hôpital, entre réinvention et persistance

Isabelle Genyk, Les Espaces de la mort à l’hôpital, entre réinvention et persistance, thèse de doctorat, Université de Paris VIII Saint-Denis, 2005.

Au moment où les discours contemporains se font l’écho de l’évolution de nos sensibilités face à la prise en charge de la mort et du mourir en milieu hospitalier, des projets de chambres mortuaires ou d’unités de soins palliatifs, réalisés depuis une vingtaine d’années par des artistes et des architectes, affichent une volonté de donner un sens à des lieux jusqu’alors marginaux, dévalorisés ou inexistants à l’hôpital. Cette recherche s’attache, d’une part, à identifier les termes selon lesquels les représentations de la mort et de la fin de vie sont perçus par le public et construites par l’institution curative. Elle cherche, d’autre part, à saisir les modalités selon lesquelles les concepteurs, baignés comme tout un chacun dans l’idéologie sous-jacente très particulière des discours sur la fin de vie et la mort à un moment donné, participent au processus de renouvellement des représentations sociales en donnant forme à des lieux institutionnels supports d’usages et de pratiques en cours de mutation. Il s’agit de comprendre et de situer les productions architecturales dans le contexte social et historique de leur élaboration et de saisir, à travers l’analyse de leurs caractéristiques plastiques et expressives, les références, idées et représentations qui ont présidé à leur conception (comme projet institutionnel et/ou comme projet architectural).