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Axe 3 - Identités et polarités professionnelles

Responsable : O. Chadoin,
Chercheurs : C. Camus, O. Chadoin, E. Macaire, I. Genyk ;

- Un regard sur les « zones obscures » de la profession d’architecte ;
- La constitution d’une « sociologie de l’architecture » ;
- Le projet architectural durable négocié ;

L’étude des activités et des métiers " qui font la ville et l’architecture " constitue aujourd’hui un axe de recherche bien représenté dans le laboratoire [1]. Les travaux prenant cette direction trouvent le plus souvent un lieu d’élection et de discussion naturelle au sein du réseau Ramau. Loin de se cantonner à la seule profession d’architecte, ces derniers élargissent leurs interrogations à la question des relations interprofessionnelles dans et hors projets entre architectes, urbanistes, paysagistes et autres professionnels de la ville et de l’architecture, à la constitution des savoirs urbains et architecturaux, ainsi qu’à l’analyse des discours, images, et représentations ; constituant par là un axe d’investigation générale qui vise à éclairer l’univers de la production de l’architecture et de la ville. Une telle attitude d’analyse est aujourd’hui bien représentée dans le monde de la recherche architecturale et a fait preuve de sa fécondité [2].

L’interrogation en terme d’identité professionnelle sur le modèle des professions savantes conduit, par exemple pour les architectes, à parler de " déprofessionnalisation " ou encore, dans une version plus éclectique, " d’hybridation des compétences " [3]. Nous proposons de développer une attitude distincte, que l’on pourrait appeler " constructiviste [4] ". Si effectivement l’absence d’une forme professionnelle établie, unifiée et stable, est un élément constaté de façon récurrente chez nombre de professionnels de la ville, on peut faire l’hypothèse que c’est dans un travail social de construction mobilisant des ressources à la fois pratiques et discursives que se construit de manière continue le fait professionnel. Ce constat doit conduire à s’interroger non plus uniquement sur l’identité de ces professionnels mais aussi sur leurs pratiques, celles-ci recouvrant non seulement des pratiques de travail mais aussi des pratiques qui permettent de se définir comme professionnel [5]. Ces pratiques sont tout à la fois discursives, manipulant des représentations et des modèles idéaux que se donnent les professions, et stratégiques car il s’agit pour les professionnels de définir " une présentation de soi [6] " opposable à des professions concurrentes dans le même champ de production [7].

C’est cette optique et cette attitude qui sont au centre des propositions de recherche qui suivent. Pour chacune des opérations sont restituées la méthode et les actions envisagées. Comme nous l’avons dit, notre volonté de connaissance n’est pas focalisée sur le seul groupe des architectes mais aussi sur les relations que ce dernier entretient avec d’autres métiers, c’est à dire finalement le champ d’activité de la conception, au sens large, depuis l’architecte en passant par les urbanistes et les maîtres d’ouvrage, jusqu’aux " gestionnaires " de l’espace. Aussi, les opérations de recherche proposées ici partent de la connaissance du groupe des architectes pour élargir ensuite leurs interrogations à d’autres métiers.

Un regard sur les " zones obscures " de la profession d’architecte

La mise en question de l’usage de la notion de profession et le nominalisme qu’elle engage va de pair avec la volonté de considérer l’hétérogénéité des groupes professionnels, en particulier celui des architectes. La plupart des recherches définissent en effet la profession et l’approche à partir des éléments les plus visibles et valorisants de son activité : commande publique, activité libérale, marché à investir (réhabilitation, maison individuelle), activité de projet… Comme si finalement les questions liées à la connaissance interne du groupe et à ses changements (féminisation, salariat, organisation du travail, insertion des jeunes diplômés…) étaient placées au second plan. Autrement dit, tout se passe comme si le champ des recherches et des problématiques posées était isomorphe à la représentation que la profession veut donner d’elle-même à l’extérieur et aux questions qui lui semble légitime de se poser ; ce qu’Everett C. Hugues nomme un " stéréotype professionnel ".

En ce sens il nous semble qu’il existe une place pour une investigation des questions " obscures " ou " moins dignes " qui touchent à la profession d’architecte. Sont visés ici les profils et les trajectoires des architectes qui ne développent pas la compétence acquise dans les écoles d’architecture dans le secteur libéral de la maîtrise d’œuvre mais au service de collectivités, CAUE, associations… Sans aller plus loin dans l’exposition de ces transformations, on voit bien ce qui encore une fois s’y joue : la définition unitaire de l’identité et de la mission de l’architecte et les profits qui y sont attachés. Du coup, c’est la force symbolique du titre et sa représentation historique qui demeurent dans les esprits alors qu’elles sont mises en cause par la réalité des transformations actuelles. Pour rendre compte de ces changements, le terme de " diversification " domine les travaux de recherche sur le sujet. Mais plus que tout, subsiste une difficulté princeps : comment nommer et reconnaître ces diplômés architectes qui exercent d’autres fonctions que celles de la maîtrise d’œuvre de conception [8] ?

Méthodes et terrains d’investigation

Nous envisageons d’aborder cette question notamment par une étude de l’investissement d’une fraction de la profession d’architecte dans des actions de nature pédagogique et participative. Aujourd’hui, notamment avec la loi sur le renouvellement urbain, une nouvelle figure apparaît, celle du professionnel prenant en charge la consultation, la concertation et, aussi, la participation du public. Le plus souvent, il vient en soutien aux élus des municipalités et il est issu d’une formation en urbanisme. Ainsi, dans le sillage des CAUE, des architectes, des professionnels de l’urbanisme, des artistes et des professionnels de l’éducation s’associent afin de prendre en charge des actions de sensibilisation et de participation du public. Ces organisations regroupent des professionnels ayant des activités " militantes " et bénévoles ou des activités rémunérées, missionnées la plupart du temps par les collectivités locales. Nous pouvons considérer qu’ils définissent des professionnalités s’apparentant à celles des travailleurs sociaux et à celles du " travail sur autrui " [9]. Des architectes développent ainsi de nouvelles pratiques professionnelles s’appuyant sur leur formation d’origine et appelant d’autres domaines de compétences tels que, par exemple, l’éducation, l’animation et la médiation [10]. Notre hypothèse est ici qu’une nouvelle socialisation démocratique de l’architecte se joue dans les activités prenant en compte des démarches de participation et de sensibilisation et qu’à travers ces expériences l’architecte se trouve confronté à la transformation de son identité de métier.

Une autre façon d’aborder les zones obscures de la profession d’architecte sera de faire une étude sur les pratiques professionnelles " hybrides " à partir d’entretiens effectués dans le cadre du réseau des anciens étudiants de l’école d’architecture de Paris La Villette (architecte-scénographe, architecte-écrivain, architecte-enseignant, architecte-artiste, architecte-ingénieur, …). L’hypothèse de ce travail est de considérer le champ de l’architecture comme étant multipolaire, les identités des architectes se construisant autour de pôles d’attraction produits en relation avec le modèle professionnel principal véhiculé par la profession, ainsi qu’en relation avec d’autres modèles professionnels. Ces identités sont par exemple artistiques (architectes-artistes, scénographes...), techniques (architectes-ingénieurs, activités liées au chantier par exemple), intellectuelles (enseignants, écrivains...).

Ces terrains sont en cours d’investigation à travers un série d’enquêtes auprès des architectes visés. On procède à des entretiens semi-directifs sollicitant une présentation de l’activité et un récit de parcours professionnel. Les entretiens sont donc des entretiens " biographiques " permettant de mettre en valeur la trajectoire professionnelle et les différents moments clés du parcours : les formations, les différentes expériences et les choix dans les domaines et les modes d’intervention, jusqu’à l’exercice professionnel actuel. L’hypothèse de travail est celle de la construction progressive d’une identité professionnelle à partir d’expériences successives s’établissant en continuité ou en rupture avec l’exercice traditionnel du métier d’architecte. La narration chronologique permet en effet d’identifier des événements déterminants dans la formation pratique comme par exemple la remise en question des modèles issus de la formation initiale, et de faire apparaître " l’apprentissage expérienciel " [11] et la constitution de " savoirs d’action ". C’est au moment du récit que peuvent être mises en relation la constitution de l’expérience et l’activité actuelle. Il s’agit bien d’un récit, donc d’une construction, par la personne elle-même, de son histoire.

Ce travail est mené par Elise Macaire dans le cadre d’un DEA qui sera prolongé par un doctorat.

La constitution d’une " sociologie de l’architecture "

La posture de recherche qui traverse l’ensemble de cet axe thématique consiste finalement à développer une analyse de l’univers social des professions en tant qu’elles sont prises dans des configurations et, plus particulièrement, à identifier un espace de réflexion sociologique propre à l’architecture. L’analyse rétrospective des travaux menés à propos du champ de l’architecture fait apparaître en effet un véritable chantier qui pourrait être regroupé sous le terme de " sociologie de l’architecture ". Pour autant, ces travaux et connaissances produites depuis la rencontre des sciences sociales et de l’architecture restent relativement atomisés. Un certain nombre de recherches et de travaux se reconnaissent et sont implicitement reconnus comme affiliés à un tel espace. Néanmoins, ce champ existe de façon encore assez impressionniste. Connus des enseignants des écoles d’architecture et des sciences sociales [12], ils n’ont pas encore fait l’objet d’une valorisation d’ensemble, pourtant nécessaire tant du point de vue de l’enseignement (un corpus reste à identifier et mettre à disposition des étudiants) que de la recherche (attestant de la qualité et de la fécondité des recherches pluridisciplinaires engagées dans les écoles d’architecture notamment). Un tel projet doit donc mener de front une volonté de rassembler et valoriser un ensemble de connaissances produites, et une volonté réflexive consistant à s’interroger sur les conditions sociales et historiques de possibilité de cet espace de production et de producteurs de connaissance. Cela se traduit par l’articulation d’un séminaire de " sociologie de l’architecture " d’une part, et la mise en œuvre d’un chantier de " socio-histoire " des sociologues de l’architecture, d’autre part.

Méthodes et terrains d’investigation : un séminaire sur les travaux de sociologie de l’architecture

Aussi, nous pourrions donner une véritable existence à ce champ en participant à sa structuration par l’organisation d’un séminaire de sociologie de l’architecture. Un des premiers travaux importants pourrait consister à réunir un ensemble de textes et de contribution selon plusieurs axes afin de dessiner la structure d’un séminaire dans lequel pourraient intervenir plusieurs chercheurs liés à ces thèmes.

Un tel dispositif nous paraît important au moment où se met en place une réforme des études dans les écoles d’architecture. Il pourrait contribuer à prendre la mesure (rétrospective) du travail et des connaissances que les sciences sociales ont apporté à l’univers de l’architecture et clarifier en conséquence la place du groupe de discipline SHS dans l’enseignement et la recherche des écoles d’architecture. Pour cela, il est nécessaire d’une part de réunir des connaissances (corpus de texte) mais aussi des producteurs de connaissances relatives à l’architecture. Ce séminaire pourrait prendre la forme de rencontres et d’invitations régulières de sociologues reconnus pour leurs travaux sur l’architecture sur une ou deux années. Cette manifestation régulière pourrait par ailleurs être reliée à l’activité pédagogique de troisième cycle de l’école d’architecture de Paris-La Villette et être ouverte à des doctorants d’architecture et de sciences sociales. A l’issue de ces rencontres, le corpus de textes obtenu pourrait faire l’objet d’une publication attestant publiquement de l’existence d’un véritable champ de recherche et de problématique fédérée sous le terme " sociologie de l’architecture [13] ".

Cette entreprise s’inscrit dans la continuité des travaux entrepris par Christophe Camus qui, après avoir mené dans le cadre du LET différentes recherches prolongeant des pistes mises à jour lors d’un travail universitaire [14], a progressivement développé une sociologie de l’architecture parfois qualifiée de " socio-logique " ou de " socio-sémiologique ". Située à la jonction de différents domaines de savoirs (sociologie et sémiologie pour les plus explicites) et de différentes approches théoriques, cette sociologie a suivi les contours de l’objet qu’elle étudie au risque de s’éloigner des champs universitaires mieux balisés. Par conséquent, il est apparu nécessaire de compléter le travail de terrain par une tentative de définition précise et théorique de la sociologie de l’architecture ainsi esquissée.

Une enquête socio-historique sur les auteurs de la sociologie de l’architecture

La mise en place d’un séminaire dit de " sociologie de l’architecture " ne peut être envisagée indépendamment d’une réflexion sur la constitution historique d’un tel champ. En ce sens, et pour éviter les pièges de l’illusion rétrospective, il est nécessaire d’engager un regard réflexif sur la constitution de l’univers social des " sociologues de l’architecture ".

Les sciences sociales, dont la sociologie, sont en effet " entrées " dans les programmes et lieux d’enseignement de l’architecture à partir de la fin des années soixante. Sur fond de contestation de l’ENSBA, une fraction du champ de l’architecture a cherché les ingrédients d’une critique et d’un renouvellement de l’architecture par la fréquentation des travaux issus des sciences sociales et de la philosophie [15]. Un pôle complémentaire de recherche à celui du séminaire de sociologie de l’architecture pourrait donc consister en l’entreprise d’une socio-histoire des sociologues de l’architecture [16]. Cette analyse nécessite d’une part un important travail d’archives pour identifier les évolutions de la production sociologique [17] autour de l’architecture, et d’autre part une analyse des trajectoires et positions occupées par les sociologues dans les écoles d’architecture entre la fin des années 60 est aujourd’hui. En croisant l’analyse des productions (et leurs cycles) et celle des trajectoires, il est possible de constituer une connaissance qui porte tout autant sur la contribution des sciences sociales à la mise en place de la recherche architecturale et sa pédagogie que sur la constitution d’un " sous-champ " de production et de producteurs rassemblés sous le vocable de " sociologues de l’architecture ". Enfin, cet axe de recherche pourrait par ailleurs s’inscrire dans le RTF 27 " sociologie des intellectuels " de l’Association Française de Sociologie (www.afs-socio.fr) prolongeant ainsi les interrogations abordées dans le cadre d’un travail universitaire qui sera publié dans le courant de l’année 2006 [18].

Ce séminaire de sociologie de l’architecture et la recherche socio-historique qui l’accompagne seront configuré dès le début de la rentrée universitaire de l’année 2006. Enfin, le développement d’une publication de nature théorique concernant la définition d’une " sociologie de l’architecture " est engagé dans le cadre d’un projet de publication par Christophe Camus.

Résultats attendus

Le développement de cet axe thématique selon ces deux directions devrait conduire l’analyse à articuler des niveaux de connaissance relativement différents : celui de l’action organisée, du travail et des relations interprofessionnelles et de la construction des identités professionnelles. Finalement, l’analyse de l’activité des professionnels, réalisée selon ces axes, devrait déboucher sur une réévaluation de la question de l’identité professionnelle. La considération des pratiques professionnelles engage en effet à définir l’identité professionnelle non pas comme donnée a priori mais plutôt comme le résultat d’un travail de " construction sociale " qui s’opère à travers les discours et les pratiques [19].

Notes

[1Pour exemple, sur les relations interprofessionnelles on peut se reporter à Chadoin O., Evette T. (dir.), Activités d’architectes en Europe. Nouvelles pratiques (2004) ; sur les savoirs professionnels et leurs mobilisation à Evette T., Lautier T., Macaire E., Plais D., "Expertises et savoirs dans la définition des édifices" (2003) ; sur les présentation de soi et discours des professionnels à Camus C, "Ecrire ce qu’on sait faire : stratégies de réécriture des références d’une agence d’architecture" (2003) ; enfin sur la constitution des savoirs urbains et architecturaux à Grudet I., L’histoire de l’urbanisme de Pierre Lavedan de 1919 à 1955 : entre savoir et action (2005). Pour une vue et des références complètes cf. le document d’évaluation pour le BRAUP de la période quadriennale qui vient de s’achever.

[2Cette évolution du champ d’investigation n’est pas sans rappeler le passage d’une interrogation sur " l’architecture et la société " à " l’architecture dans la société " pour finalement aborder " l’architecture comme société " pour paraphraser le diagnostic fait pas Nathalie Heinich à propos de l’art, cf. Sociologie de l’art, Paris, La découverte, 2002, pp. 10-12.

[3Cf. Champy F., "Vers la déprofessionnalisation, L’évolution des compétences des architectes en France depuis 1980", in Les cahiers de la recherche architecturale, n°2-3, novembre 1999, p. 24 et Tapie G., Les architectes : mutations d’une profession, Paris, L’Harmattan, 2000, p. 247.

[4Sous ce terme il faut entendre une attitude, un " regard sociologique " et non un nouveau paradigme ou " courant ". Pour une définition Cf. entre autres Corcuff P., Les nouvelles sociologies, Paris, Nathan, " 128 ", 1995, pp. 17-18.

[5La mise en œuvre de travaux autour de la notion de construction sociale des identités professionnelles trouvera son aboutissement dans une thèse de sociologie (Chadoin O., Être architecte : les vertus de l’indétermination - De la sociologie d’une profession à la sociologie du travail professionnel, Thèse pour le Doctorat de Sociologie, Université de Limoges, 2005) soutenue début 2006 et publiée ensuite (Presses Universitaires de Limoges).

[6Cf. Camus C., "Ecrire ce qu’on sait faire : stratégies de réécriture des références d’une agence d’architecture", in Boudon P., (éd.), Langages singuliers et partagés de l’architecture, Paris, L’Harmattan, Coll. Villes et Entreprises, 2003, pp. 73-82, et Camus C. et Evette T., "L’architecte dans la presse", Urbanisme, n° 337 juillet-août 2004, pp. 81-86.

[7Pour Everett C. Hugues le concept de " profession " dans notre société n’est pas tant un terme descriptif qu’un jugement de valeur et de prestige. Cf. "Le travail et le soi", in Le regard sociologique - Essais choisis, Textes rassemblés et traduits par Chapoulie J.-M., Paris, EHESS, 1996, pp. 76-77.

[8Cf. par exemple, Hoddé R., "Architectes hors l’architecture", in Les cahiers de la recherche architecturale, n°2-3, novembre 1999, pp. 135-145.

[9Dubet F., Le déclin de l’institution, Paris, Ed. du Seuil, 2002.

[10Ces associations mettent en avant des démarches alternatives au processus traditionnel d’élaboration du projet architectural. Elles privilégient souvent les interventions sur les petites échelles permettant une maîtrise plus importante des habitants sur le projet par le biais " d’action participative " ou " d’actions pédagogiques ".

[11" Raconter sa vie est aussi en inscrire les épisodes dans une temporalité articulant passé, présent, et avenir, les insérer dans une histoire qui a du sens " explique Claude Dubar dans La crise des identités, l’interprétation d’une mutation, Paris, PUF, 2000.

[12On peut ici citer les tentatives d’animation de ce champ de réflexion menées par l’association SHS-Test ou, plus anciennes, de l’Institut de l’Environnement puis du CERA.

[13Sur ce point, on peut se donner comme repère la distinction qu’opère Nathalie Heinich in Sociologie de l’art, op. cit., 2002. Elle distingue en effet les travaux de sociologie de l’art selon la partition suivante : réception, médiation, production, œuvres.

[14Camus C., Lecture sociologique de l’architecture décrite, Paris, L’Harmattan, 1996.

[15Cette période est bien abordée à travers les entretiens recueillis par Jean-Louis Violeau in Mai-68 - Mai 81 : l’entre-deux-mai des architectes, Paris, Ecole d’architecture de Paris Villemin, coll. " In extenso ", 1999 et son travail de thèse Les architectes et mai 68, Paris, éd. Recherche, 2005.

[16De ce point de vue le travail de Pierre Lassave, Les sociologues et la recherche urbaine en France contemporaine, Toulouse, Presses Universitaires du Mirail, 1997, est exemplaire.

[17Les archives et recensements de travaux effectués par le BRAU sont ici une source précieuse.

[18Chadoin O., Être architecte : les vertus de l’indétermination - De la sociologie d’une profession à la sociologie du travail professionnel, Thèse pour le Doctorat de Sociologie, Université de Limoges, 2005.

[19Cette observation tend ainsi à montrer une identité en construction dans un " ordre négocié " pour reprendre la notion forgée par Anselm Strauss dans "L’hôpital et son ordre négocié" in La trame de la négociation, Paris, L’Harmattan, 1992, pp. 87-112.