La terre ne ment pas

Christophe Camus, « La terre ne ment pas. Le conservatisme vert contre l’architecture ? », Exercice(s) d’architecture, n° 8, 2020.

Dix ans après l’arrivée en force du « durable » dans les écoles d’architecture, mesurons ses effets sur l’imaginaire créatif des futurs architectes. « Ce que l’écologie peut faire aux études d’architecture », dix ans après avoir soulevé la question, l’heure d’un premier bilan a sonné. Le durable a-t-il tenu ses promesses ? Cet article entend ouvrir le débat, en revenant sur le tournant écologique des dernières années, mais surtout en essayant de caractériser les défauts d’un imaginaire durable contemporain prégnant dans les projets et recherches des étudiants. Présentistes, localistes, identitaristes et conservatrices, tant sur le plan architectural que théorique, ces nouvelles visions du durable pourront être confrontées à d’autres imaginaires écologiques et architecturaux, passés ou présents, mais surtout caractérisés par des visées futuristes, expansionnistes, altéristes et, surtout, progressistes.