L’impossible hétéronomie de l’architecture

Christophe Camus, « L’impossible hétéronomie de l’architecture », Exercice(s) d’architecture, n° 09, 2021.

Si des générations de sociologues se sont évertués à démontrer l’imposture d’une autonomie de l’architecture oubliant usages, habitants ou modèles traditionnels, ces propos de sociologue reviennent sur le passage d’une inévitable hétéronomie à la construction (sociale) de la nécessaire autonomie d’un art de bâtir désormais contesté par ses générations futures.
Ayant déjà traité directement ou indirectement de ces questions au cours de mes recherches de sociologue de l’architecture, des médiations à la conception, je me contenterais dans cet article d’une discussion en deux temps : 1) l’architecture n’a jamais été autonome et 2) l’architecture moderne (au sens hégélien) s’est construite en s’autonomisant ; ceci avant de conclure en questionnant l’émergence d’une nouvelle hétéronomie qui met en crise l’architecture et justifie pleinement de penser son hétéronomie… pour stimuler son autonomie.