Sous les vagues bleues, le paysage
Christophe Camus, « Sous les vagues bleues, le paysage », Projets de paysage , n° 25, 2021. URL : http://journals.openedition.org/paysage/23539
À travers cet article, nous revenons sur l’invention du paysage sous-marin par les pionniers de la chasse et de la plongée subaquatiques. Partant de l’idée très simple que la plupart d’entre nous, qu’ils soient plongeurs ou non, peuvent aujourd’hui imaginer, se représenter, le fond des océans grâce aux efforts de Jacques-Yves Cousteau et d’autres pionniers, nous avons tenté de reconstituer une part de cette invention. Si l’histoire de la plongée est bien documentée, notre exploration insiste tout particulièrement sur les manières de décrire, de raconter, de montrer afin d’inventer un paysage longtemps invisible et inaccessible au commun des mortels. L’article commence par un retour sur l’invisibilité, l’inaccessibilité des dessous du « territoire du vide » (Corbin, 1990), avant d’entrouvrir une première fenêtre et de suivre une promenade imaginaire, hors du Nautilus de Jules Verne. Dépassant les peurs séculaires, renouvelant les visions romancées des abysses, nous interrogeons alors une première série de récits d’exploration, de chasse ou de plongée, des mers tropicales à la Côte d’Azur, qui révèlent un paysage en même temps qu’ils inventent les sports et loisirs subaquatiques modernes. Enfin, sans quitter la Méditerranée, nous retrouvons Cousteau qui, de films en livres, met en scène et invente un paysage sous-marin, hospitalier et même colonisable ou habitable par les humains.
Image : « Paysage sous-marin de l’île Crespo ». Illustration d’Alphonse de Neuville et d’Édouard Riou dans Jules Verne, Vingt Mille Lieues sous les mers (1871). Source : Gallica.bnf.fr /BnF
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