17/06/26 – Soutenance de thèse de Gaëlle Faguet : « Place et rôle des architectes dans les processus de territorialisation et de structuration de la filière du bloc de terre comprimée (BTC) à Mayotte depuis 1979 »
mercredi 17 juin 2026par
L’équipe du LAVUE-LET a le plaisir de vous annoncer la soutenance de thèse de Gaëlle Faguet le 17 juin 2026 à 14h00 aux Ardennes.
Sujet
Place et rôle des architectes dans les processus de territorialisation et de structuration de la filière du bloc de terre comprimée (BTC) à Mayotte depuis 1979 : circulations des compétences et formes d’engagement dans la prise en compte des ressources et modes d’habiter locaux
Direction de thèse : Jodelle ZETLAOUI-LÉGER et Victor BRUNFAUT (HABITER)
Année d’inscription : 2021
Financement : Contrat doctoral du ministère de la Culture (2021-2024)
Établissement : ENSA Paris-la Villette en cotutelle avec l’Université libre de Bruxelles
Disciplines : Architecture, urbanisme et environnement (CNAM/ENSA Paris-La Villette) et Art de bâtir (ULB)
École doctorale : ED 546 Abbé Grégoire
Mots-clés : filière de la construction, conception, architectes, processus de territorialisation, expérimentations, processus de projet, modes d’habiter, pratiques professionnelles, politique de l’habitat, BTC, Mayotte
Date de soutenance : 17 juin 2026 à 14h00
Lieu : 23 rue des Ardennes, 75019, Paris, salle de séminaire de RDC
Lien Theses.fr : https://theses.fr/s276511
Résumé
La mise en place d’une filière constructive autour du Bloc de Terre Comprimée (BTC) est apparue sur l’île de Mayotte au début des années 1980, dans le contexte de la promotion des technologies dites « appropriées et appropriables », qui se sont développées dans plusieurs pays du Sud à partir des années 1960. La filière BTC mahoraise s’est structurée en plusieurs phases : naissance et développement dans les années 1980-1990, déclin et relances portées par le contexte du développement durable puis de la transition socio-écologique, qui favorisent l’émergence de nouveaux projets de logements à vocation expérimentale. Dans ce contexte, l’enjeu scientifique de cette thèse consiste à étudier comment le patrimoine matériel et immatériel local, les savoir-faire vernaculaires, les modes de vie et d’habiter ont été considérés et intégrés dans la conception de projets à partir de cette technique et quel a été, en retour, l’effet de ces préoccupations sur la structuration de la filière. La recherche s’est intéressée plus particulièrement aux processus de programmation-conception-réalisation, mais aussi de normalisation procédurale ou constructive qui ont été déployés et à la place qu’y ont tenue jusqu’à présent les architectes. Cette réflexion se positionne à l’interface de problématiques environnementales, socio-économiques, culturelles et socioprofessionnelles contemporaines.
Après avoir rappelé les modalités d’introduction de la technique du BTC, la naissance et le développement de cette filière, l’auteure examine, à partir d’un travail bibliographique, la façon dont les architectes ont pris en compte les dimensions socioculturelles dans les processus de projet. Elle s’intéresse plus précisément aux différentes relances dont a fait l’objet la filière ainsi qu’à la manière dont sont réinterrogés ces aspects par les architectes au prisme des enjeux du développement durable et de la transition socio-écologique depuis la fin des années 2000. À partir de cas d’étude de production de logements, elle analyse à travers des approches monographiques, comment des opérations en BTC ont été conçues et parfois mises en œuvre, sur la base de références à des modes d’habiter et de quelle manière les habitants sont considérés dans ces processus. À partir d’une enquête qu’elle a menée auprès des professionnels qui les ont engagées, elle identifie comment, d’une part, des architectes se sont positionnés dans ces processus, dans le cadre de démarches parfois expérimentales et, d’autre part, de quelle manière ils ont construit des rapports spécifiques au matériau autour d’enjeux sociaux, écologiques, environnementaux, techniques, et parfois aussi autour de la prise en compte des problématiques locales, en termes de modes de vie et de savoir-faire. Ces modalités sont ensuite précisées à travers des profils et portraits d’architectes élaborés sur la base d’entretiens qui mettent en lumière les trajectoires professionnelles, les représentations éthiques et la construction d’un système de valeurs associées à la technique, aux connaissances, à des compétences et à des savoirs mobilisés, à des outils d’acculturation au contexte local.
Jury
Judith LE MAIRE, Professeure, HABITER, Faculté d’Architecture La Cambre-Horta, Université Libre de Bruxelles (présidente)
Émeline CURIEN, MCF HDR, LHAC, ENSA Nancy (rapportrice)
Nathalie TORNAY, MCF HDR, LRA, ENSA Toulouse (rapportrice)
Armelle CHOPLIN, Professeure, Département de Géographie et Environnement, Université de Genève (examinatrice)
Jean-Philippe COSTES, Professeur HDR, UMR Ressources, ENSA Clermont-Ferrand (examinateur)
Thomas VILQUIN, Chargé de cours, HABITER, Faculté d’Architecture La Cambre-Horta, Université Libre de Bruxelles (invité)
Jodelle ZETLAOUI-LÉGER, Professeure HDR, LET, ENSA Paris-La Villette (directrice de thèse)
Victor BRUNFAUT, Professeur, HABITER, Faculté d’Architecture La Cambre-Horta, Université Libre de Bruxelles (co-directeur de thèse)
Image : CRAterre
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