Bibliographie commentée pour l’enquête sur le parcours professionnel des docteurs.es et doctorant.es en architecture

Document réalisé par Hee-Won Jung, sous la direction d’Élise Macaire et Minna Nordström, pour la Sous-direction de l’enseignement supérieur et de la recherche en architecture, ministère de la Culture, mai 2024.

Le doctorat en architecture a connu une profonde transformation depuis l’introduction du système LMD (Licence, Master, Doctorat) dans l’enseignement supérieur européen. La capacité des Écoles Nationales Supérieures d’Architecture (ENSA) à délivrer des doctorats, effective depuis la réforme, a initié une ère de diplomation sans précédent de docteurs en architecture. À l’aube de presque deux décennies depuis la réforme, plus de mille docteurs et doctorants sont ainsi issus des ENSA. La réforme de 2018 sur le statut des enseignants-chercheurs des ENSA a marqué une valorisation accrue du doctorat, et traduit la volonté d’aligner les conditions de recrutement et de production de recherche des ENSA sur celles des universités.

En France, les recherches sur le diplôme de doctorat se sont intensifiées durant cette période, dans un contexte de diffusion de la recherche dans le monde social. Vectrice d’innovation, la recherche participe de la « société de la connaissance ». Dans le même temps, des obligations législatives imposent aux établissements d’enseignement supérieur de mener des enquêtes sur l’insertion professionnelle des diplômés, dont les docteurs. Aussi, le parcours doctoral est devenu un objet de recherche prisé, particulièrement dans le domaine des sciences de l’éducation. Ces recherches visent à évaluer les impacts des réformes successives et à identifier les facteurs influençant le parcours doctoral. Elles s’efforcent aussi de trouver des moyens d’améliorer les conditions de réalisation du doctorat et de renforcer l’insertion professionnelle des docteurs.
Bien que le doctorat en architecture ait suscité de nombreux débats au sein de la discipline, notamment sur sa dimension épistémologique et sur les ressources liées à sa production, la question du parcours doctoral n’a émergé que très récemment. Ce travail vise à contribuer à la préparation d’une enquête sur le parcours doctoral en tant que vecteur de professionnalisation et d’insertion professionnelle.
Délivrant un diplôme reconnu par l’État, la formation initiale en architecture intègre des enjeux de la pratique professionnelle et propose une réflexivité entre le monde académique et le monde professionnel. Dans la continuité de la formation initiale, le troisième cycle pourrait participer au renouvellement des compétences, en particulier celles attendues dans les milieux professionnels.
Pluridisciplinaire, le doctorat en architecture présente aussi une diversité d’approches, de l’histoire aux sciences pour l’ingénieur, en passant par l’art, la philosophie, ou encore les sciences humaines et sociales. Bien que principalement présents dans les ENSA, les diplômés en architecture poursuivent aussi des doctorats à l’extérieur ou établissent des partenariats entre les ENSA et les universités pour leur encadrement. La variété des trajectoires professionnelles des docteurs est donc intéressante à saisir pour comprendre quels sont les usages de la formation doctorale, le temps de doctorat étant un moment clé du parcours permettant de mieux considérer les apports de la formation du point de vue des compétences recherchées.
Le document présent sert d’étape préparatoire à une enquête visant à comprendre le devenir professionnel des docteurs en architecture dans toutes ses formes. Cette enquête cherchera à dresser le profil détaillé de ces docteurs, en se penchant sur divers indicateurs comme par exemple l’âge, la durée de la thèse, les thématiques de recherche, ou encore les motivations pour engager une thèse. L’étude s’attachera également à examiner les facteurs ayant un rôle significatif dans le parcours professionnel des docteurs, incluant le capital académique et professionnel du doctorant, les conditions de financement, la thématique de recherche et les modalités d’encadrement. Elle devra permettre d’éclairer l’influence de ces éléments sur la nature de la recherche doctorale, sur l’environnement de socialisation aux milieux académiques et professionnels, sur les compétences acquises durant le doctorat, ainsi que sur les débouchés professionnels.