Dynamiques de genre dans l’architecture
11e congrès de l’Association Française de Sociologie, « Environnement(s) et inégalités »), contribution au RT1 Savoirs, Travail, Professions : Les groupes professionnels face aux enjeux de leur(s) environnement(s), Toulouse, 8-11 juillet 2025.
Le domaine de l’architecture connait une série de transformations au XXIe siècle, en particulier une adaptation des pratiques à la transition écologique. Une transformation assez massive est celle de la sociodémographie des architectes avec un processus de féminisation important et rapide. Au début du siècle, les femmes deviennent majoritaires dans les études et, avec la mise en place du LMD (licence-master-doctorat) en 2005, les chiffres voisinent avec 60% d’étudiantes dans les ENSA (Écoles nationales supérieures d’architecture). En 2023, la population totale diplômée depuis 40 ans atteint alors 50% de femmes. Longtemps une figure masculine, l’architecte changerait de genre majoritaire. Néanmoins, comme dans de nombreux secteurs, les quelques indicateurs connus sur la reconnaissance professionnelle, la distribution des places dans le travail, ou encore les conditions d’emploi, montrent des inégalités saillantes entre hommes et femmes, corrélées plus globalement à des violences de genre. Face à ce constat, un collectif de chercheuses s’est engagé pour le compte de l’Observatoire de l’économie de l’architecture et du DEPS (Ministère de la Culture) dans un état des lieux permettant de dresser un panorama des dynamiques de genre dans l’architecture. Sur la base de travaux antérieurs sociologiques et historiques (Lapeyre, Bouysse-Mesnage) et une mobilisation collective scientifique (un colloque international sur les Dynamiques de genre dans l’architecture a été publié en 2023) et professionnelle (partenariats avec l’Ordre des architectes et collaboration avec l’association Mémo – Mouvement pour l’équité dans la maîtrise d’œuvre) il est convenu de produire une sociographie statistique pour prendre la mesure des grandes tendances d’évolution et de la structuration des inégalités. Une donnée majeure interroge, l’Ordre des architectes ne recense que 34% de femmes inscrites au tableau. Si la moitié des hommes diplômés en architecture s’inscrit à l’Ordre, seul ¼ des femmes diplômées en fait la démarche. Le port du titre d’architecte et l’accès à la profession réglementée semblent toujours réservés aux hommes. L’objectif de la recherche est donc aussi de déterminer les ressorts de la partition genrée des pratiques professionnelles.
Quelles incidences de la formation initiale sur l’entrée dans la vie professionnelle et la carrière ? Quelles évolutions de carrière sont possibles ? Quels impacts sur la parentalité ? Quel impact des barrières auto-limitantes, d’un plafond de verre ? Quelles différences de pratiques professionnelles entre les femmes et les hommes peut-on observer ? Pour quelles incidences sur la profession ? Quelles sont les singularités et les particularités inhérentes à « l’écosystème » architectural ?
La communication revient sur les principaux résultats de la recherche basés sur l’analyse fine et détaillée d’un ensemble de données issues de la statistique publique mais aussi transmises par les organisations professionnelles, le ministère de la Culture tutelle des ENSA, ou encore produites par le monde de la recherche. Cette sociographie construite à travers le prisme du genre, questionne le processus de féminisation qui présente des zones d’ombre, les dynamiques de carrière, la segmentation des pratiques, les logiques « d’engrenages » qui ont tendance à cantonner les femmes dans certaines positions professionnelles, et le continuum des violences de genre (des inégalités professionnelles aux violences sexistes et sexuelles) qui structure les rapports de genre dans l’architecture.
Voir en ligne : Lien vers le site de l’AFS
Lien vers le rapport de recherche : https://let.archi.fr/spip.php?article11858
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- Autres informations MACAIRE Elise, LAPEYRE Nathalie, BOUYSSE-MESNAGE Stéphanie, LABROILLE Anne, THIRIAT Jeanne
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