Article d’Isabelle Regnier | Lamouroux, Margotte

À Paris, une tour en bois au bord du périphérique

Verbatims de Margotte Lamouroux recueillis par Isabelle Regnier pour la revue Le Monde

La tour Wood Up, à Paris, met en avant ses performances environnementales, en dépit de sa situation, qui expose les habitants à des niveaux de pollution sonore et atmosphérique importants. Qui fréquente la pointe sud-est du 13e arrondissement parisien, ce quartier bordé par les quais de la Seine et le boulevard périphérique qui fait l’objet depuis une trentaine d’années d’un projet d’aménagement à grande échelle, l’a forcément repérée. Wood Up, une tour en bois reconnaissable à sa façade tramée, élégamment sculptée, s’érige fièrement en surplomb du fleuve, au pied des tours Duo de Jean Nouvel. Haute de 50 mètres, c’est la plus grande tour en bois à avoir été construite en France – et elle sera sans doute la dernière du genre à Paris, du moins tant que restera en vigueur le plan local d’urbanisme (PLU) bioclimatique qui limite, depuis novembre 2024, les constructions à 37 mètres.

Plan de l’article

  • "Un bâtiment exemplaire" [...]
  • Procédé du lamellé-collé

Le bois de construction vient de France, et les poutres en hêtre ont été transportées par voie fluviale du port de Rouen. Mais c’est du lamellé-collé, un procédé qui consiste à fabriquer de grandes pièces à partir de petits morceaux assemblés avec de la colle, ce qui accroît le bilan carbone du matériau et dont certains considèrent qu’il lui retire son caractère biosourcé (la colle interdisant au bois de revenir à la nature). "A partir d’une certaine dimension, l’emploi du lamellé-collé, ou du CLT [autre procédé de transformation du bois] est pratiquement inévitable, explique Margotte Lamouroux, doctorante et enseignante à l’Ecole d’architecture de Paris-La Villette, spécialisé dans l’architecture bois. La hauteur des poutres en bois massif est limitée par celle que les arbres peuvent atteindre dans la nature. Le lamellé-collé et le CLT, par ailleurs, sont plus résistants, mieux adaptés structurellement à des projets de grande taille, prévus pour recevoir des centaines d’usagers."

La structure en bois de l’immeuble Wood Up repose en outre sur un socle en béton. Le noyau du bâtiment est en béton lui aussi, ainsi que les murs de contreventement et les planchers (qui intègrent par ailleurs une épaisseur de bois). "On peut évidemment se demander quel sens cela a de construction des bâtiments en bois aussi grands, qui font exploser tous les compteurs, poursuit Mme Lamouroux. Le bilan carbone n’est jamais simple à mesurer. Mais un projet comme Wood up a une dimension culturelle importante pour le développement de la filière. Une tour en bois, c’est très compliqué aux niveaux réglementaire, structurel, économique... Ce sera peut-être la dernière du genre, mais elle prouve que beaucoup de choses sont possibles. Il ne faut pas négliger son effet en matière d’image. Dans un pays comme la France, où la culture de la pierre et du béton est très forte, on se défie beaucoup du bois. En voyant cette tour, les gens vont accepter plus facilement de vivre dans des bâtiments en bois beaucoup plus petits".

  • Pollution sonore et atmosphérique [...]

Lire l’article complet sur le site du Monde